2019 (c) Karl Strand

Ces Cons-là

 

Un bâton à la main et la haine dans l’autre

J’explore les décombres comme d’autre les musées

Parfois je m’arrête, contemple un cadavre

Le napalm froid, dit-on, sent parfois la rose

 

Le soleil se couche sur les fumées maussades

Les couleurs tournent au gris et le ciel vomit.

Ils ont fait fort ces cons-là, ils sont bien loin maintenant

Leurs yeux ne voient pas le gamin bouffé par les rats

 

Toujours tu me manqueras

Il n’y a que toi que j’aurais sauvé

Ils ont fait fort ces enfoirés.

 

La nuit me prend la main, mes sens sont en sang

Je n’ai pas le cœur assez fort pour l’horreur de la mort

Une poupée poussiéreuse, un landau retourné

Père et mère déchirés, tous ces rêves envolés.

 

Un chien rode encore, renifle l’air puant ;

La queue entre les jambes, il gémit doucement.

Un cri de détresse, arrosé de larmes,

C’est ma gorge qui se serre, et le chien c'est la loi.

 

Toujours tu me manqueras

Il n’y a que toi que j’aurais sauvé

Ils ont fait fort ces enfoirés.